Une hivernale, situation exceptionnelle ou changement radical?

Publiée le mercredi 21 octobre 2020 à 10:52

Une atmosphère de menace larvée, une ambiance morose, la tentation de se transformer complètement et durablement traverse nos esprits.

Et puis non. Tout bien réfléchi, le Trail Trait Morbier n’effectuera pas, dans un gigantesque accéléré d’évolution darwinienne, de mutation définitive. Il est bien trop jeune, intrépide et plein d’espoirs pour perdre déjà son esprit.

A l’heure où chaque épiphénomène est emporté par un tourbillon hystérique d’analyses à l’emporte-pièce, où la frénésie des concepts archaïques a bonne presse, où la vacuité de la pensée des imbéciles qui regardent le doigt a davantage d’écho que celle des sages qui montrent la lune, il préfère garder son âme d’enfant.

Mais ça ne l’empêche pas d’observer, de réfléchir, et de s’adapter.

Privé pour une fois des joies d’aller batifoler au milieu des fleurs de printemps, il enfile son manteau, relève son cache-nez, met son écharpe et part à l’assaut des collines enneigées.

Il retrouve le goût des choses simples. C’est beau, beau comme une pub pour une marque de jambon, alors il revient à des plaisirs de gosses.

Faire craquer la neige cotonneuse sous ses pieds. S’élancer sur une flaque gelée et y glisser de côté, regular ou goofy, façon snowboard. Tendre le bout de la langue pour y recueillir un flocon, après y avoir peut-être aperçu, dans l’incroyable beauté complexe des ramifications cristallines, en un instant furtif, toutes les réponses aux mystères du monde.

Et s’enivrer de l’air pur de l’hiver, celui qui rosit les joues et fait friser les poils de nez. Du spectacle des arbres figés et déshabillés, trop endormis pour s’offusquer des regards en coin de ces formes mouvantes trop pressées, gourmandes des merveilles recelées par leurs frondaisons dévêtues. Du chant fantastique des lacs pris -qui sait ? -  par les glaces, ode mélancolique au soleil d’été, qui ayant pris du recul se rappelle à leur bon souvenir en s’immisçant dans leurs lignes de failles.

Avant les fêtes où l’on s’enivre tout court.

On va s’amuser donc. Vive le trail d’hiver, vive le Trail Trait Morbier !