Trail le Morbier

ParcoursTechnique
Distance 40 km
Dénivelé 1700 D+

Tracé du parcours

Le parcours raconté...

Les lignes cendrées des falaises, le jaune pâle des hauts fonds bordant les lacs transparents, les plumeaux ocres des roselières : vous êtes sur le trail du Morbier !

Au Frasnois, le cœur battant d’une vague appréhension pour le voyage qui vous attend, vous êtes encore humain.

Très vite absorbé par la beauté sauvage du lac de Narlay, c’est la métamorphose. Un large sentier, rapide : vous êtes un grèbe, glissant, fluide au fil de l’eau. Un ruisseau à franchir ? Vous voilà grenouille agile, élastiques et ressorts sur les pierres plates.

Un premier sentier, raide et intimidant, déroule ses lacets vers le Mont des Ifs, puis un second, dans le bois des BansMais vous êtes un chamois, bondissant de racines en roches.

En surplombant les falaises, les lacs azurs et turquoises des Maclus, il faudra l’œil acéré et la patte précise du lynx pour surmonter les pièges d’un sentier sinueux entre les épicéas.

Respirez, ouvrez vos ailes, le pic de l’Aigle est atteint. Efforts calorifères et appétit vorace : faucon pèlerin, vous pouvez fondre sur le ravitaillement de la Chaux-Du-Dombief !


L’effort au long cours vous amènera vers d’autres sensations. Subitement, le terrain change, minéral. D’étranges monticules de pierres se dressent un peu partout. Sur le sentier des Cairns, hallucination d’indien, un chaman vous a transformé en lézard vert. Émeraude mouvante parmi la rocaille, accumulez chaleur et énergie pour vous glisser entre les broussailles.

De la beauté des panoramas qui se succèdent, papillon virevoltant, vous retournez en forêt, humide. Prudence et adhérence de salamandre, passez sans encombre ornières et flaques pour atteindre Bonlieu et son lac.

Ravitaillé, jamais rassasié, Saugeot puis les virages secs entre les troncs du versant ouest du lac du Val sont enchaînés avec la virtuosité d’un épervier en chasse. A peine le temps d’un coup d’œil fugace au miroir d’eau calme et déjà vos jarrets de chevreuil s’élancent à l’assaut du versant est.


Menétrux-en-Joux s’éloigne déjà : au pied des cascades du Hérisson, c’est le dernier arc-en-ciel.

Dans les brumes vaporeuses des chutes, transpercées des rayons du soleil, dernières sensations de puissance dans vos flancs écailleux de truite. En remontant le courant, votre rêve s’estompe doucement.

Les jambes se font lourdes, le souffle, court. Mais vos narines frémissent ! Une odeur de morbiflette flotte sur l’arrivée… Vous êtes à nouveau humain !